c1 Institutions 64 webAvec deux numéros par an, la revue de la FIAC a pour objet de tisser des liens entre les praticiens de la P.I., et plus largement d'informer les personnes qui s'intéressent à son actualité, à ses élaborations locales en psychiatrie, dans le médico-social, dans la pédagogie notamment, et aux engagements des professionnels qui y participent.

Chaque numéro présente un dossier thématique enrichi de plusieurs rubriques où sont développées diverses analyses de lieux et de pratiques par leurs acteurs mêmes : pédagogie, sémiotique, anthropopsychiatrie, psychopathologie du travail, formation, etc.

Institutions est une revue indépendante : c'est-à-dire que la publication est organisée par ceux-là mêmes qui déterminent le contenu de chaque numéro. Assumer cette responsabilité leur permet notamment de "mettre en œuvre" les idées qui s'expriment dans les textes au cours du processus même de production : plus qu'une ligne éditoriale, cette cohérence concrète entre les idées et les pratiques est aujourd'hui particulièrement recherchée !

En partenariat avec les Éditions d'une, la revue de la FIAC sera bientôt disponible dans le réseau libraire.

Pour les particuliers, le coût d'un numéro seul est de 15 € et trois formules d'abonnement offrent des tarifs avantageux.

Nous vous souhaitons de bonnes lectures !

Le comité de rédaction :

Frank Drogoul (directeur de publication), Madeleine Alapetite, Antoine Courtecuisse, Pascal Crété, Pierre Delion, Philippe Jubin, Thierry Lebrun, Michel Lecarpentier, Sophie Legrain, Paula Prouhèze, Guy-Arthur Rousseau, Marie-Odile Supligeau, Raphaël Tyranowski (rédacteurs)

Hélène Chaigneau Paroles

"Je crois que le nerf de la psychothérapie institutionnelle, c'est bien cette tendance anti-consensuelle, cette absence de peur du conflit pour laisser s'installer et triompher paisiblement l'attitude qui consiste à regarder le conflit en face et voir ce qu'on peut en faire, et arriver par une analyse tous ensemble à distinguer le compromis inévitable de la compromission condamnable".

Hélène Chaigneau (1919-2010) laisse une oeuvre écrite très importante, sous la forme de nombreux articles dans des revues variées, adressés à tous les acteurs de la psychiatrie. Nous avons, dans ce volume, choisi de reproduire les "paroles" prononcées en colloques ou en entretiens au cours des dernières années de sa vie d'enseignement, accompagnées de quatre petits textes stimulants plus anciens issus de revues professionnelles.

Hélène Chaigneau était médecin chef des hôpitaux publics jusqu'en 1987, très engagée dans la politique de secteur.

(20 € + port)

Walter Muschg Freud écrivain
C'est à Walter Muschg, auteur d'une monumentale Histoire tragique de la Littérature, que l'on doit ces premières réflexions sur Freud écrivain.
Écrit en 1930, l'année même où Freud, « tout ensemble écrivain, savant et combattant », se voit décerner le prix Goethe de la ville de Frankfort-sur-le-Main, l'article de W. Muschg présente le fondateur de la psychanalyse « parmi ses contemporains avec une œuvre d'écrivain d'une ampleur et d'une richesse rares ».
Traduit de l'allemand par Jacques Schotte, qui l'enrichit d'une longue introduction et de notes abondantes, l'article de Muschg présente les écrits de Freud comme constituant une œuvre littéraire à part entière, bien qu'articulée par la réflexion scientifique.
Il ne s'agit pas d'apprécier Freud sur un plan esthétique, mais de relever le mouvement d'une vérité à l'œuvre : la création d'une technique par un art. L'infatigable disposition à écrire, l'amour passionné du mot, la place que Freud accorde à la métaphore sont autant de traits qui distinguent les écrits de Freud de la « littérature scientifique » et permettent de leur reconnaître un espace littéraire au sens de Blanchot : là où s'accomplit la totale solitude dans le monde par les moyens de la littérature.

Walter Muschg (1898-1965) fut Professeur d'histoire de la littérature à Zurich et à Berlin, puis Professeur de littérature française à Bâle en 1936. Parmi ses étudiants figurent Max Frisch et Urs Widmer. Auteur d'une monumentale Histoire tragique de la Littérature (non traduite en français).

Jacques Schotte (1928-2007) fut médecin psychiatre à Gand, Professeur de psychopathologie à Louvain, chercheur précurseur d'une anthropopsychiatrie.
Il a publié : Szondi avec Freud, Bruxelles, Editions De Boeck-Université, 1990 ; Le Contact (sous la direction de J. Schotte), Editions De Boeck-Université, 1990 ; Un Parcours, Rencontrer, relier, dialoguer, partager, Editions Le Pli, 2006, repris par Hermann 2008 sous le nom de Vers l'anthropopsychiatrie. Un parcours.

Jacques Sédat est psychanalyste à Paris.

(15 € + port)

Jacques Schotte Nosographie, La nosographie psychiatrique comme patho-analyse de notre condition

Depuis des années, nous attendions un livre… qui de fait, était déjà écrit. Si la célébrité des conférences de Jacques Schotte dépassait à l'évidence les frontières de la Belgique, peu nous était donné à lire.
Ce livre, reproduction du cours de 1977-78, nous offre une systématisation inédite de la pensée psychiatrique qui arrive comme un don du ciel en 2011 pour s'opposer, épistémologiquement et de manière drastique, à l'indigence conjuguée des ravages du DSM.
Il s'agit bien là d'une mise en place d'opérateurs rigoureux, réarticulés à partir de la psychanalyse, la phénoménologie et la pensée psychiatrique européennes. Unifiant ce qui pourrait a priori nous dépasser par l'hétérogénéité de son érudition, Jacques Schotte érige un système dialectique d'une puissance considérable qui, par sa chasse aux faux dualismes et sa reconsidération du champ de l'endogène, fait émerger la nécessité de la pensée triadique. Il nous offre ainsi un panorama exigeant, d'une utilité sans conteste pour les gens amenés à côtoyer quotidiennement la psychopathologie.
C'est avec un grand émerveillement que nous sommes embarqués dans la forge de cette combinatoire dont la lecture ne nous laisse pas indemnes. Avec cet ouvrage, on peut dire qu'au regard de l'époque que nous traversons, Jacques Schotte « tombe à pic ».

Jacques Schotte (1928-2007) fut professeur de psychopathologie à Louvain, promoteur de l'unité universitaire de psychologie, fondateur de l'École belge de psychanalyse.

(20 € + port)

Guy-Arthur Rousseau François Tosquelles et la décence ordinaire

L'impératif de transmission exige, aujourd'hui plus que jamais, un engagement à tenir, soutenant l'accueil de la fragilité du parlêtre, dans le hamac des mots. Il y a , à nouveau, urgence à entendre ceux qui continuent d'attester que : " Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c'est l'homme même qui disparaît ".

Avec l'objectif de la transmission, l'association Continuo Ostinato a organisé une journée de rencontres autour de "François Tosquelles at la décence ordinaire", afin de partager la rigueur de la pensée et de l'engagement politique de François Tosquelles et d'évoquer la pratique concrète des "petits riens quotidiens" dans le soutien des conditions fondamentales d'exercice de la parole aux prises avec un savoir qui ne se sait pas.

(20 € + port)
Pour commander cet ouvrage s'adresser à l'Association Continuo Ostinato

Fernando Vicente La parole en psychiatrie. Encore efficace ?

Le discours actuel, autant social que celui tenu dans certains milieux psychiatriques, nous pousse à nier le corps comme surface du langage du symptôme. Le corps ne serait plus qu’un objet biologique ou qu’un ensemble d’organes bons à éduquer ou à rééduquer. Le livre de Fernando Vicente, qui s’adresse aux professionnels de la santé, mais pas seulement, nous montre à travers son parcours d’autres voies pour écouter et accueillir les souffrances que les pathologies psychiatriques nous amènent. Face à la complexité humaine, il y a là un questionnement permanent et non des réponses toutes faites qui viendraient justement comme une défense et comme une fuite devant la mise en cause permanente de nos liens avec les malades et les lieux très divers qui les accueillent. L’auteur nous invite à trouver des chemins divers et variés vers des valeurs autres que celles d’une rentabilité immédiate et facilement mesurable. Ces valeurs sont-elles transmissibles ? La parole et l’écoute, à tous les niveaux de notre existence et pas seulement dans les milieux spécialisés, peuvent nous porter vers une « chronicité » plus vivante de notre existence. À travers le parcours professionnel de l’auteur, nous pouvons imaginer d’autres voies qui peuvent nous y amener en évitant ainsi de tomber dans un réalisme pathologique où rien d’autre ne serait possible pour ceux qui souffrent d’une aliénation psychique ou sociale. Le défi qui nous est présenté ici est de savoir si nous voulons, à travers notre parole accompagnée bien sûr de nos « témoignages professionnels », que la chronicité pathologique et mortifère soit une réalité inévitable ou bien un état dynamique toujours possible à améliorer.

Après des études de psychologie clinique en Espagne, de philosophie et psychologie clinique en France, Fernando Vicente a travaillé avec François Tosquelles à Longueuil-Annel. Dans le cadre de la formation permanente, il a enseigné à l’université de Paris XII et Paris VII et travaille actuellement à Barcelone, Paris et Toulouse.

(15 € + port)

Les Hors séries suivants sont en cours de réédition aux éditions d'une, dans la collection "La boîte à outils" (voir les nouveautés) :

  • Jacques Tosquellas, Francesc Tosquelles, Psychiatre, Catalan, Marxiste
  • Jean Oury, Hiérarchie et sous-jacence
  • Jean Oury, La Décision

 

 

Institutions 6Secteur et passerelles

Évoquer trente années d'histoire vécue dans un service de Psychiatrie de province (secteur II du C.H.S. de Ste Gemmes/Loire - Angers) n'est pas sans poser quelques remarques préalables telles que le risque de réductionnisme inévitable de la relation des faits passés, la difficulté à cerner certains problèmes de l'intérieur.

Le chevauchement des événements et leur intrication ne permet pas d'apporter toute la clarté souhaitée et nécessaire.

La perception partagée et cependant différente des divers acteurs conforte l'intérêt d'une chorale à plusieurs voix.

Le rappel des souvenirs, selon l'ordre chronologique, ne saurait rendre compte, à lui-seul, du processus d'évolution étroitement lié aux souvenirs thématiques et ponctués de souvenirs affectifs.

Trois décennies : celle du "monde clos", celle de "l'ouverture" et celle de "la vie associative" pourraient caractériser cette période.

Institutions 4Les ateliers

Dans un monde où on circule dans un mouvement d'ouverture pour accueillir le "nulle part" de l'existence psychotique, on propose des points d'arrêts. Des points qui tracent le va-et-vient : un trajet.

Et le trajet s'inscrit dans ce qui "a lieu". Avoir lieu, le support de la vie institutionnelle et de la vie tout court, marque à la fois l'émergence d'un lieu et l'évènement qu'il se passe quelque chose. Ce support fait qu'on s'y arrête. Et dans ce mouvement d'arrêt s'expose une tenue, qui permet un "entre-tenir". Cette triade - "arrêter", "tenir" et "entre-tenir" qui en allemand ont la même racine linguistique dans le mot "halten" pour tenir, "erhalten" pour arrêter et "aufhalten" pour entretenir -, prend forme dans ce qu'on appelle les ateliers.

L'atelier se définit dans un lieu qui est vigilant pour la dimension de l'avoir-lieu comme mise-en-forme (Gestaltung dirait Paul Klee) de cette triade, le numéro consacré aux différentes mise-en- forme des ateliers nous montrera comme ça s'explique.

Institutions 5Le packing chez l'enfant

Dans la prise en charge des enfants psychotiques, la technique du packing offre un intérêt tout à fait évident dans la mesure où elle met en jeu d'une manière concrète ce qu'il est classique d'appeler depuis Tosquelles le contre-transfert institutionnel.

Il s'agit de mettre en place un cadre suffisamment articulé avec l'équipe soignante dans son ensemble pour y jouer avec le patient la problématique complexe de l'aliénation-séparation qui est souvent un symptôme prévalent et toujours insistant dans l'existence des sujets psychotiques. Cette technique consiste à proposer à un enfant un enveloppement humide qui dure généralement une heure environ, deux à trois fois par semaine et qui est effectué par deux soignants. L'équipe de pack est souvent composée de trois à cinq personnes dans notre service. Des comptes rendus sont écrits par les deux soignants après chaque séance et des réunions régulières sont instituées pour y échanger nos impressions cliniques et nos affects contre-transférentiels.